Ma chère Solène,

Ton grand frère a atteint cette semaine l’âge respectueux de six ans. Six ans, l’âge de l’entrée à l’école primaire. Six ans, l’âge clé dans la vie d’un enfant, l’âge où tout change alors que tout est encore possible. Un âge que tu ne verras jamais. C’est la cruauté de la vie. La vie qui t’a quittée sans explications, sans crier gare.

Me voilà assis, pleurant toujours ton départ malgré les jours, malgré les nuits. Je me noie dans mon travail, dans ma routine, tentant d’ignorer cette douleur qui n’est jamais bien loin. Je n’ai plus de toi que des souvenirs de plus en plus embrumés par le temps et un petit cri laissé sur un enregistrement d’un répondeur. Par moments, j’ai l’impression que tout ceci n’est qu’un rêve. Comment ce peut-il que tu ne sois pas là ? Ai-je imaginé ta présence ? Es-tu simplement le fruit de mon imagination ?

C’est lorsque je regarde ta maman pleurer, tes frères avoir ces petits instants silencieux, ces quelques photos que nous avons de toi que je me rends compte que tout ceci est bien réel. Que cette douleur sourde qui empoigne chaque instant de ma vie est le résultat d’une réelle disparition.

Au moment d’écrire ces quelques mots, le soleil dort depuis plusieurs heures, mais depuis le 10 janvier, s’est-il réellement levé ?

Tu me manques terriblement, ma petite. Si seulement tu pouvais nous revenir et ramener le soleil avec toi.

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