mars 2008


J’aimerais simplement souligner que le Devoir a publié un article ce matin sur Gary Gygax. Vous pouvez le lire en cliquant ici. À ma connaissance, le Devoir est le seul quotidien francophone au Québec à avoir souligné le décès de ce géant du monde du jeu de rôle. Je salue donc l’équipe du Devoir pour ce geste.

Ceux qui me connaissent savent que depuis l’âge de 11 ans, je suis un amateur de jeux de rôle. J’ai commencé avec un traduction de Donjon et Dragons que mon père m’a offert : la boîte rouge qui était le premier tome de la série Base-Expert-Maître-Champion-Immortel, celle qui a permis la renaissance de Donjons et Dragons dans les années 1980. J’ai eu la chance de jouer à ce jeu de l’imaginaire pendant toute mon adolescence. Arrivé à l’université, ce fut au tour des règles avancées de la 2e édition de AD&D à occuper mon temps et mes sous. Planifier des aventures pour mes amis de l’Université d’Ottawa m’aura probablement coûté quelques scores et quelques examens de reprise, mais je n’ai jamais oublié les liens que j’ai tissé avec Éric, Michael, Bruno et Karine pendant ces heures où nous explorions l’univers de mon imagination.

Si les liens que j’ai tissé se sont depuis, dans certains cas dénoués, je n’ai jamais cessé pour autant de jouer comme peut en témoigner mon site web. 25 ans plus tard, je rêve encore de dragons, de magie et d’actes héroïques. J’ai partagé ces rêvés avec d’autres. Ces rêves m’ont amenés à m’intéresser à la littérature, à l’histoire, la sociologie et la philosophie.

Ce qui est extraordinaire, c’est que rien de tout cela ne serait arrivé si un homme et son copain n’avaient pas décidé de changer le paradigme fondamental du jeu de figurines : « et si les joueurs prenaient le rôle d’individus dans les combats au lieu d’être les généraux des armés? » Tout est parti de là. Gary Gygax, Dave Arneson et TSR ont, grâce à leur jeu, basé sur l’imaginaire et le fantastique, permis à une industrie de naître (le jeu de rôle), à une littérature de fleurir (fantastique et le fantasy) et à une autre industrie d’évoluer en une machine multi-milliardaire (les jeux informatiques dont les World of Warcraft de ce monde sont des descendants directes de Donjons et Dragons).

Il est approprié qu’en ce jour des Maîtres de Jeu, le 4 mars 2008, EGG, comme il signait souvent ses textes, est décédé laissant derrière lui un impact sur la culture populaire américaine qui, quoique moins éclatante que d’autres noms du show-biz, n’est pas moins déterminante.

À la mémoire du premier Maître de Jeu. Il n’y en aura aucun autre comme lui.

Illustration par Penny Arcade.