novembre 2007


Nous avons de nouveau soumis aujourd’hui mon premier chapitre de ma thèse de doctorat à la revue Écosciences. Le manuscrit avait été soumis au printemps dernier et il avait été commenté par les arbitres dans le courant de l’été. J’ai donc planché sur les corrections demandées pendant l’automne et nous espérons que cette fois il sera accepté. Histoire à suivre.

Selon les écrits de Louis-Gilles Francoeur, le dossier de l’ordre professionnel des biologistes est sur le point de connaître son dénouement. Il y a quelques mois, je vous avais fait part de mon point de vue favorable sur le sujet. La lecture de cet article daté du 2 novembre dernier apporte de l’eau au moulin.

Pour une corporation des biologistes agréés

Louis-Gilles Francoeur

[…]Depuis que je couvre le domaine de l’environnement, j’ai pu constater des dizaines de fois l’écart considérable entre les rapports initiaux des biologistes et les rapports finaux. Que de différences, souvent inquiétantes! Certains, plus futés, se prémunissent contre ces changements en faisant parvenir aux journalistes les rapports de recherche initiaux de leurs collègues, dès qu’ils commencent à circuler, afin que le patron du service, le directeur ou le sous-ministre, quand ce n’est pas le ministre lui-même, ne puissent pas les édulcorer afin de préserver l’image d’un ministère, l’équilibre budgétaire ou les politiques et programmes en vigueur.

Oui, vous avez bien compris: il est monnaie courante de retoucher, parfois substantiellement, les conclusions des biologistes. Comme elles portent souvent à conséquence, notamment d’ordre financier, cela se produit très souvent.

Et c’est encore plus courant dans le secteur privé, où les grandes sociétés industrielles font appel à des biologistes contractuels pour évaluer les impacts de leurs rejets et analyser les impacts environnementaux de leurs projets.

[…]En somme, l’absence de statut professionnel pour les biologistes et les microbiologistes menace la sécurité publique à plusieurs égards et permet aux magouilleurs intéressés d’écarter, voire d’édulcorer leur jugement de nombreuses façons. Cette absence de statut professionnel pour les biologistes constitue un des plus gros trous de nos mécanismes collectifs de protection environnementale. On peut dès lors mesurer les énormes pressions qui s’exercent depuis 30 ans auprès du gouvernement pour que l’Association des biologistes du Québec (ABQ) ne se transforme pas en corporation professionnelle des biologistes agréés.

[…]À l’époque, l’Office des professions avait consulté 53 autres corporations et disciplines avant de recommander la reconnaissance d’une corporation des biologistes agréés. Les deux tiers des organismes consultés étaient d’accord. Selon nos informations, la résistance se concentrait du côté des ingénieurs civils et forestiers ainsi que chez les agronomes, trois professions dont émanent, comme par hasard, les projets les plus dévastateurs pour nos écosystèmes.

Le dossier des biologistes est sur la table du ministre de la Justice et devrait enfin connaître une conclusion favorable à la création d’un ordre professionnel. Si Québec a accepté de créer des ordres professionnels pour protéger certaines relations professionnel-client, il doit à plus forte raison le faire dans un dossier où la plupart des enjeux ont une portée collective et sont porteurs d’impacts considérables pour les générations futures.

Le premier ministre Jean Charest devrait impérativement récupérer ce dossier pour le marquer de la vision qui l’animait en 1992, quand il a signé la convention de Rio sur la protection de la biodiversité au nom du Canada. Cohérence et urgence obligent, M. le premier ministre!

Le Devoir, édition du 2 novembre 2007