vendredi 6 juillet 2007


Je n’avais pas réalisé que ça faisait déjà deux mois que je n’avais pas publié de nouvelles sur mon site. Wah! Le temps passe vite!

Quelques petites nouvelles donc.

Primo, Julie est de nouveau enceinte. Elle devrait accoucher au mois de janvier. Nous sommes heureux, mais inquiet en même temps. Bien que la grossesse se déroule sans problèmes jusqu’à présent, l’arrivé d’un deuxième rejeton n’était pas prévu pour tout de suite. Il faudra faire preuve d’adaptation et de courage face à l’ouvrage qui nous attends.

Deuxio, j’ai rapatrié mon Laser et mon canot de chez mes parents. J’espère pouvoir me remettre à la voile et au sport cet été. Malheureusement, la Baie de Beauport, l’endroit de prédilection pour les dériveurs, est fermée pour l’été. C’est bien ma veine, ça! Enfin, j’espère pouvoir quand même mettre la Chinook à l’eau au moins une fois avant la chute des feuilles.

Tertio, Vincent a fêté son deuxième anniversaire de naissance le 4 mai dernier. Le petit grandit à vue d’oeil et il parle de plus en plus. C’est tout juste si nous ne sommes pas capable de tenir une conversation avec lui. Je crois qu’il sent que sa maman est enceinte. Depuis quelque temps, il recherche beaucoup plus d’attention et il demande constamment des calins. Je ne crois pas qu’il réalise qu’il va avoir un petit(e) frère/soeur, mais je pense qu’il sait que quelque chose d’extraordinaire se trame avec sa maman.

Quatrièmement, mon premier article a été refusé à Écoscience. Nous avons reçu des commentaires très pertinents, cependant. Il me faut maintenant les intégrer afin de pouvoir soumettre à nouveau l’article soit à Écoscience ou ailleurs. Pour ce qui est des autres chapitres, le deuxième est terminé, il ne reste qu’une relecture de l’anglais et il sera prêt à être soumis. Pour le troisième, le premier jet est pratiquement écrit. Je m’affaire à vérifier la littérature sur le sujet pour ne rien manquer. À suivre.

Cinquièmement, Julie a reçu son diplôme le jour de son anniversaire. Nous sommes allés à Trois-Rivières. C’était ma cinquième collation des grades à laquelle j’assistais, et je dois dire qu’elles sont toutes pareilles: longues, ennuyeuse mais source d’immense fierté pour celui ou celle qui reçoit le bout de papier. Je ne sais pas si je vais imposer ça à ma famille quand ce sera à mon tour.

Voilà pour les dernières nouvelles. À bientôt.

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Il y a longtemps que je pense qu’il est plus que nécessaire que ma profession, celle de biologiste, soit couverte par les règles d’un ordre professionnel au Québec. Dans un article paru aujourd’hui dans le quotidien Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur explique parfaitement pourquoi. Je reproduits ici les dernier paragraphes de son texte.

Lors d’une visite récente à l’île aux Lièvres, en face de Rivière-du-Loup, j’ai pu constater à quel point on peut tracer avec rigueur une limite au développement sur un site qu’on veut protéger avec les revenus du tourisme. En réalité, il faut non seulement déterminer des zones de protection inaccessibles à tous en fonction des besoins des espèces mais aussi délimiter de façon très nette la pression créée par le nombre de visiteurs. Cela oblige en quelque sorte à optimiser ce qui est exploitable dans la fourchette de développement méticuleusement fixée et ne jamais dépasser ces seuils au-delà desquels les espèces vont perdre du terrain.

Cela soulève un important débat que le Québec a occulté jusqu’ici, à savoir celui-ci: qui déterminera ces seuils ou ces limites à imposer au développement et comment la société pourra-t-elle protéger l’indépendance des biologistes qui, en réalité, sont les mieux placés pour porter ce jugement?

Le problème, au Québec, c’est que nos biologistes n’ont pas le statut de professionnels dont le champ de compétence leur est exclusif, comme dans le cas des ingénieurs. Si un ingénieur statue dans un rapport qu’un pont est en danger d’effondrement, personne, y compris son employeur qui le paie, ne peut modifier cette conclusion. On peut aller chercher d’autres expertises mais on ne peut pas changer son rapport. Si, par contre, un biologiste estime qu’un projet aura tel ou tel impact, l’ingénieur en chef du projet peut atténuer, voire modifier cette conclusion à la lumière d’autres considérations qui lui sont propres. De la même façon, le patron d’un biologiste dans un ministère a une grande marge de manoeuvre pour forcer l’atténuation de conclusions de ses biologistes au prétexte que le rapport sera celui de son service. Et ce ne sont que quelques exemples.

Il est impératif qu’après 25 ans de tergiversations, l’Ordre des professions du Québec se mette à l’heure de l’environnement et comprenne que la reconnaissance des biologistes comme ordre professionnel à champ exclusif constitue une protection dont la société et surtout les espèces qui ne peuvent pas parler ont terriblement besoin. Parler de développement durable sans donner aux spécialistes de la vie cette indépendance d’esprit et cette marge de manoeuvre n’est vraiment pas sérieux, car on peut difficilement se baser à l’heure actuelle sur la valeur des verdicts rendus au nom de la protection du vivant.

Francoeur, L.-G., Les touristes, cette espèce envahissante. Le Devoir, 2007/07/06