juillet 2007


Il y a longtemps que je n’ai pas écrit de nouvelles dans mon carnet. C’est que Papa a été plutôt occupé depuis la dernière fois. Bien des choses ont changé depuis. Je vais donc profiter des quelques minutes de Papa pour vous faire part de mes dernières découvertes.

Tout d’abord, il y a eu un gros changement dans ma vie: Papa et Maman ont déménagé. Nous avons quitté notre appartement à Rimouski. C’est que Maman s’est trouvé un emploi dans la ville de Québec. Il a donc fallu trouver un autre endroit pour vivre. D’après ce que Papa m’expliquait, voyager entre Québec et Rimouski, c’était trop loin. Après avoir visité quelques endroits, Papa et Maman ont choisi une maison à St-Isidore. J’ai maintenant une chambre plus grande avec une salle de jeu. Ce que je préfère ce sont les tracteurs et les vaches derrière la maison.

Étant donné que nous n’habitons plus Rimouski, j’ai dû changer de gardienne. C’est Julie qui me garde aujourd’hui. Au début, j’étais plutôt géné. Mais maintenant, je me suis fait des amis, particulièrement Jean-Jean qui me prête ses jouets et qui m’a montré à grimper sur la glissoire. Julie a deux piscines, une pour les grands et une pour les petits. Mais je n’aime pas trop ça encore. C’est que je n’aime pas me mouiller la tête. Il m’arrive quand même de tremper les pieds.

Pour l’instant, Julie est en vacances (c’est quoi des vacances?). Je ne vais donc pas chez elle. Papa m’a trouver une place dans une grosse garderie. C’est super amusant, il y a des structures de jeu, un carré de sable, encore une de ces piscines (qu’est qu’ils ont tous à tout le temps vouloir prendre un bain?) et beaucoup de jouets. Les copains sont amusants et nous avons des gardiennes super. La mienne s’appelle Vicki. Elle est très gentille. Papa m’a dit que c’était seulement pour quelques jours. C’est en attendant que Maman prenne des vacances.

Il y a trois semaines, nous sommes allés rendre visite à Mémé-Joh et à Papi Alain. Ce qui m’a beaucoup amusé c’est le copain que je me suis fait là-bas. Il s’appelle ‘Egane. C’est un gros chien qui court tout le temps. Il est très drôle. Si tu lui lances un objet il part en courant le chercher. J’adore ça. Papa me dit que nous devrions le revoir bientôt.

Quand nous sommes revenus de chez Mémé-Joh, Papa a rapporté son bateau et son canot. Il me dit que ce sont des « embarcations » et que ça va sur l’eau. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il les a mis devant la maison et sous la galerie en arrière. Si ça va sur l’eau, pourquoi il ne les mets pas dans le bain?

Autre nouvelle, Maman est bizarre depuis quelques temps. Elle est souvent très fatiguée et elle n’est pas comme d’habitude. Papa a essayé de m’expliquer, mais je n’ai pas très bien compris. Maman serait fatiguée parce qu’elle porte un petit frère ou une petite soeur. Ça n’a pas de sens! Elle n’a rien dans les mains et Maman n’a pas de frère ni de soeur. Il va falloir que j’en reparle avec Papa. En attendant, j’essaie de donner beaucoup de calins à Maman. Ça lui fait plaisir et ça lui remonte le moral.

Il y a beaucoup d’autres choses qui se sont passées depuis la dernière année, mais je n’ai pas tout le temps de tout raconter. Il faut que j’aille jouer dans le carré de sable à la garderie. En attendant, profitez du beau temps!

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Il semblerait que la Régie du Logement du Québec ait maintenu les droits de la locataire dans la cause dont je faisais état il y a quelques mois. Radio-Canada rapporte sur son site web aujourd’hui que la Régie a statué qu’un propriétaire ne pouvais pas changer les règles de location de son logement en plein bail de façon arbitraire. Bien que je désapprouve le tabagisme, je dois admettre que de tous ce que j’ai lu sur la cause, le gros bon sens a triomphé dans cette affaire. Il semblairait qu’il y ait encore de l’espoir pour la santé mentale de l’espèce humaine…

Je n’avais pas réalisé que ça faisait déjà deux mois que je n’avais pas publié de nouvelles sur mon site. Wah! Le temps passe vite!

Quelques petites nouvelles donc.

Primo, Julie est de nouveau enceinte. Elle devrait accoucher au mois de janvier. Nous sommes heureux, mais inquiet en même temps. Bien que la grossesse se déroule sans problèmes jusqu’à présent, l’arrivé d’un deuxième rejeton n’était pas prévu pour tout de suite. Il faudra faire preuve d’adaptation et de courage face à l’ouvrage qui nous attends.

Deuxio, j’ai rapatrié mon Laser et mon canot de chez mes parents. J’espère pouvoir me remettre à la voile et au sport cet été. Malheureusement, la Baie de Beauport, l’endroit de prédilection pour les dériveurs, est fermée pour l’été. C’est bien ma veine, ça! Enfin, j’espère pouvoir quand même mettre la Chinook à l’eau au moins une fois avant la chute des feuilles.

Tertio, Vincent a fêté son deuxième anniversaire de naissance le 4 mai dernier. Le petit grandit à vue d’oeil et il parle de plus en plus. C’est tout juste si nous ne sommes pas capable de tenir une conversation avec lui. Je crois qu’il sent que sa maman est enceinte. Depuis quelque temps, il recherche beaucoup plus d’attention et il demande constamment des calins. Je ne crois pas qu’il réalise qu’il va avoir un petit(e) frère/soeur, mais je pense qu’il sait que quelque chose d’extraordinaire se trame avec sa maman.

Quatrièmement, mon premier article a été refusé à Écoscience. Nous avons reçu des commentaires très pertinents, cependant. Il me faut maintenant les intégrer afin de pouvoir soumettre à nouveau l’article soit à Écoscience ou ailleurs. Pour ce qui est des autres chapitres, le deuxième est terminé, il ne reste qu’une relecture de l’anglais et il sera prêt à être soumis. Pour le troisième, le premier jet est pratiquement écrit. Je m’affaire à vérifier la littérature sur le sujet pour ne rien manquer. À suivre.

Cinquièmement, Julie a reçu son diplôme le jour de son anniversaire. Nous sommes allés à Trois-Rivières. C’était ma cinquième collation des grades à laquelle j’assistais, et je dois dire qu’elles sont toutes pareilles: longues, ennuyeuse mais source d’immense fierté pour celui ou celle qui reçoit le bout de papier. Je ne sais pas si je vais imposer ça à ma famille quand ce sera à mon tour.

Voilà pour les dernières nouvelles. À bientôt.

Il y a longtemps que je pense qu’il est plus que nécessaire que ma profession, celle de biologiste, soit couverte par les règles d’un ordre professionnel au Québec. Dans un article paru aujourd’hui dans le quotidien Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur explique parfaitement pourquoi. Je reproduits ici les dernier paragraphes de son texte.

Lors d’une visite récente à l’île aux Lièvres, en face de Rivière-du-Loup, j’ai pu constater à quel point on peut tracer avec rigueur une limite au développement sur un site qu’on veut protéger avec les revenus du tourisme. En réalité, il faut non seulement déterminer des zones de protection inaccessibles à tous en fonction des besoins des espèces mais aussi délimiter de façon très nette la pression créée par le nombre de visiteurs. Cela oblige en quelque sorte à optimiser ce qui est exploitable dans la fourchette de développement méticuleusement fixée et ne jamais dépasser ces seuils au-delà desquels les espèces vont perdre du terrain.

Cela soulève un important débat que le Québec a occulté jusqu’ici, à savoir celui-ci: qui déterminera ces seuils ou ces limites à imposer au développement et comment la société pourra-t-elle protéger l’indépendance des biologistes qui, en réalité, sont les mieux placés pour porter ce jugement?

Le problème, au Québec, c’est que nos biologistes n’ont pas le statut de professionnels dont le champ de compétence leur est exclusif, comme dans le cas des ingénieurs. Si un ingénieur statue dans un rapport qu’un pont est en danger d’effondrement, personne, y compris son employeur qui le paie, ne peut modifier cette conclusion. On peut aller chercher d’autres expertises mais on ne peut pas changer son rapport. Si, par contre, un biologiste estime qu’un projet aura tel ou tel impact, l’ingénieur en chef du projet peut atténuer, voire modifier cette conclusion à la lumière d’autres considérations qui lui sont propres. De la même façon, le patron d’un biologiste dans un ministère a une grande marge de manoeuvre pour forcer l’atténuation de conclusions de ses biologistes au prétexte que le rapport sera celui de son service. Et ce ne sont que quelques exemples.

Il est impératif qu’après 25 ans de tergiversations, l’Ordre des professions du Québec se mette à l’heure de l’environnement et comprenne que la reconnaissance des biologistes comme ordre professionnel à champ exclusif constitue une protection dont la société et surtout les espèces qui ne peuvent pas parler ont terriblement besoin. Parler de développement durable sans donner aux spécialistes de la vie cette indépendance d’esprit et cette marge de manoeuvre n’est vraiment pas sérieux, car on peut difficilement se baser à l’heure actuelle sur la valeur des verdicts rendus au nom de la protection du vivant.

Francoeur, L.-G., Les touristes, cette espèce envahissante. Le Devoir, 2007/07/06