avril 2007


Il y a pafois des choses parfaitement ridicules en ce monde qui me font regretter la vérité de l’adage : « le ridicule ne tue pas. » Laissez-moi tout d’abord mettre une chose au clair, je déteste le tabac. Je crois que c’est un fléau. Je suis d’accord avec les politiques qui limitent le droits des fumeurs d’assouvir leur dépendance dans les lieux publics. Ceci dit, il y a une cause qui doit être entendue au cours des prochaines semaines à la Régie du logement du Québec et elle fait grand bruit.

On y fait état d’une locataire habitant un logement situé au-dessus de celui du propriétaire de l’immeuble. Ce dernier interdit formellement, sans le spécifier dans le bail, à la locataire de fumer dans le logement qu’elle loue. Le prétexte: son épouse est asthmatique et enceinte. Or, selon les éléments rapportés dans les médias, le logement serait mal isolé et la fumée incommoderait l’épouse du propriétaire.

J’ai deux problèmes avec cette affaires. D’une part, la transmission de la fumée d’un logement à l’autre. Si des quantités appréciables de fumée sont transmises d’un logement à un logement situé au-dessous du premier, de deux choses l’une: soit la locataire fume comme une cheminée, soit il y a de sérieux problèmes de ventilation dans ce logement. Les gaz émis par une cigarette sont chauds et pour qu’il descendent d’un étage, il faut qu’il y ait des courants descendant qui communiquent entre les logements. Les cloisons ouvertes et les problèmes d’isolation qui ne devrait pas exister dans un logement en bon état sont la responsabilité du propriétaire, pas de la locataire. Le fait qu’elle fume, ne devrait en rien le soustraire à ses responsabilités face au logement qu’il loue. Si la fumée l’incommode, il doit régler la question de l’état des lieux, pas s’attaquer à la locataire.

L’autre point qui me chicote est celui de l’intervention de l’état dans la sphère privée des gens. Il y a des limites que nous ne devons pas dépasser. Il y a de sérieuses tendances ces temps-ci à justifier le retrait du libre arbitre des individus par des questions de santé publique, de protection culturelle ou de sécurité publique. C’est une pente très glissante et très dangereuse qui mène directement vers les abus d’un autoritarisme qu’il faut dénoncer. Fumer, c’est mauvais pour la santé. Il n’y a aucun doute. Ça coûte cher au systèmes public de santé, là encore, il n’y a aucun doute. Mais il demeure que le tabac est légal au Canada et au Québec. Le produit n’a pas été interdit de vente. On ne peut pas, d’un côté dire que le produit, quoique dangereux pour la santé est assez inoffensif pour être en vente libre, être une source de revenus appréciable pour les gouvernements et de l’autre dire que les gens ne peuvent pas en consommer dans leur propre maison. C’est ridicule. Les gens ont le droit fondamental de pouvoir faire des choix dans nos sociétés démocratiques, même si ces choix ne sont pas les bons par rapport à une majorité, silencieuse ou non. Ce à quoi cette cause s’attaque c’est précisément cette liberté de choix.

Un premier ministre arrogant, emmerdeur et qui nous a légué plusieurs problèmes politiques au Québec a déjà dit dans un moment de sagesse : « l’État n’a rien à faire dans la chambre à coucher des gens ». Et bien, je crois que ceci demeure vrai quand il est question de savoir si un adulte peut ou non consommer un produit légal dans son domicile. Pour ce qui est des produits et comportements illicites, ça c’est une autre histoire…

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Nous avons reçu un mot de la part de l’éditeur de la revue Écoscience. Notre article a été transmis au arbitres. Il a donc franchi la première étape d’évaluation. C’est pas mal. Au moins, il n’a pas été refusé d’amblé.

Une étape de franchie. J’ai soumis mon premier chapitre de thèse pour publication dans la revue Écoscience. D’ici une dizaine de semaines, je devrais être fixé sur son traitement. À suivre…