Je ne m’éterniserai pas longtemps ce matin sur le résultat électoral d’hier soir. La population s’est exprimée et le grand gagnant de la soirée aura été Mario Dumont. Alors qu’à l’automne dernier ont donnait son parti pour être à l’article de la mort, le voilà qu’il forme l’Opposition Officielle. C’est un explois qui mérite d’être salué et respecté.
Ceci dit, je ne peux que m’attrister à voir le virage résolument à droite que le Québec semble être décidé à prendre. D’abord l’élection des Conservateurs au fédéral et maintenant l’élection importante des Adéquistes au provincial avec un gouvernement Libéral qui, depuis quelques années, n’est pas reconnus pour ses positions de gauche ni même de centre-gauche: la gauche québécoise doit pleurer ce soir, car près des deux tiers des suffrages exprimés n’étaient pas en leur faveur.
Autre point à souligner est le faible taux de participation: 71%, le deuxième plus faible taux depuis 1976, après celui de 2003. Il y a 30% de la population qui a refusé de s’exprimer, malgré la diversité de points de vue exprimée par les cinq partis principaux, malgré les enjeux de cette campagne. C’est un autre point que je trouve désolant. Malgré tout, 30% de la population en âge de voter aura trouvé une excuse pour ne pas s’acquitter de son droit et de remplir ses devoirs de citoyens. Désolant.
Si plusieurs analystes donnent les partis Libérals et Québecois grand perdant de cette soirée électorale, j’ai une vision un peu différente. Je crois que le grand perdant de cette élection c’est l’environnement. Le PLQ, malgré son plan Vert, n’a pas le plus bel historique en la matière (le Suroit, le Mont-Orford, l’autoroute 25, la privatisation des rivières à saumon, les aires protégées, la réforme forestière, politique nationale de l’eau, etc.). Pour ce qui est de l’ADQ, plusieurs ont déjà souligné le vide de leur plateforme et de leur idéologie. De plus, il y a plusieurs éléments de leur plateforme qui sont inquiétants pour l’environnement. Alors que les portefeuilles de l’Environnement et de la Faune souffrent depuis plusieurs années d’un manque cruel de ressources pour gérer convenablement les lois qu’il régissent, l’ADQ maintient son discours de la réduction de la taille de l’État tout en agrandissant les ressources en Santé. Deuxième élément, la réforme du ministère rataché à l’Environnement prôné par l’ADQ ne rassure personne dans le milieu. Troisième élément, la relance de Grande Baleine, projet qui d’un point de vue environnemental (écologique ou social) a été rejeté par la population à deux reprises déjà. Nous avons donc plus de 70% de la députation qui est représenté par des partis qui n’ont rien fait pour démontrer qu’ils avaient à coeur la santé environnementale de la province. Et pourtant, on ne cesse de nous répéter depuis des mois que l’environnement est une préoccupation des québécois. Ceci ne se reflète pas dans les résultats d’hier soir.
Il ne nous reste donc plus qu’à regarder comment les forces en présence, avec une Assemblée Nationale profondément divisée, vont réussir à faire fonctionner le Parlement. C’est un gouvernement en sursis que nous avons ce matin. Reste à voir si Jean Charest va réussir à le faire survivre aussi longtemps que M. Harper à Ottawa ou s’il sera plutôt un Joe Clark ou un Paul Martin et que nous serons de nouveau aux urnes avant le printemps 2008.